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Andropause, DALA : le plus grand tabou de l’homme…

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Andropause, Dala
Préménopause / Ménopause

Andropause, DALA : le plus grand tabou de l’homme…

Voilà un tabou encore plus énorme que la ménopause, l’andropause !

Nous sommes souvent moquées à cause de nos symptômes : sautes d’humeur, bouffées de chaleur, etc. Or, les maux masculins équivalents existent, et on n’y touche pas, on n’en parle jamais !

Le Dr Sébastien Beley, andrologue à l’Hôpital Américain de Paris nous dévoile tout ce qui se passe dans le corps des hommes.

Dr Beley, vous êtes andrologue, pouvez-vous nous expliquer tout d’abord à quoi sert un andrologue ?

C’est un médecin qui s’occupe des fonctions sexuelles et reproductrices de l’homme.

Il n’existe pas de médecin en France qui ne soit qu’andrologue. Vous avez deux types d’andrologue : des urologues, donc des chirurgiens de l’appareil urinaire qui sont andrologues par ailleurs et vous avez des médecins gynécologues ou biologistes qui ont un diplôme d’andrologie pour s’occuper de la fertilité de l’homme, pour l’aide à la procréation.

Pour les hommes de plus de cinquante ans, il faut choisir les urologues-andrologues.

Qu’est-ce que l’andropause ?

C’est la période de la vie d’un homme qui commence quand ses testicules arrêtent de fabriquer suffisamment de testostérone. On peut d’emblée différencier cela de la ménopause. Dans l’andropause il n’y a pas d’arrêt des fonctions de fabrication de spermatozoïdes. Ce sont les conséquences hormonales sans les conséquences sur la fertilité.

Et le DALA, c’est quoi ?

C’est le déficit en androgènes lié à l’âge (DALA). D’ailleurs il faudrait plutôt dire DALA qu’andropause. Parce qu’en fait, l’andropause induit une confusion sur la fertilité. Cela peut survenir assez tôt dans la vie, à peine passée la quarantaine, et parfois arriver très tard. A 70 ans, certains hommes ont encore une sécrétion de testostérone subnormale.

Ce n’est donc pas systématique chez tous les hommes.

Le DALA est-il héréditaire ?

Il y a probablement un facteur familial de l’âge auquel cela se produit. C’est aussi lié à l’histoire de l’homme en question. C’est-à-dire que toutes les maladies qui vont générer une fatigue précoce, comme les maladies chroniques, peuvent conduire à un déficit en testostérone qui surviendrait précocement dans la vie de l’homme.

Les hommes savent-ils vraiment de quoi il s’agit ?

Ils commencent à peine à être au courant que cela peut se produire. Mais jusqu’à présent, ce n’était pas expliqué aux hommes. Il n’y avait pas vraiment de médecins qui s’occupaient de cela. Les endocrinologues qui, de leur côté, prennent soin des problèmes hormonaux, et plutôt des maladies, n’en parlaient pas vraiment, par manque de temps et d’intérêt.

Aujourd’hui, la demande de prise en charge de prévention dans le bien-être augmente, que ce soit pour les hommes ou les femmes.

Chez les hommes, ça se traduit par une demande de prise en charge de l’andropause. Même en sachant que ce n’est pas une maladie et qu’il n’y a pas encore de problème.

Quels sont les symptômes principaux de l’andropause ?

Vous avez de multiples symptômes mais cela ne signifie pas que les hommes les auront obligatoirement, ni dans leur totalité.

Vous avez les symptômes sexuels qui sont la baisse de la libido et la diminution de la qualité des érections.

Ensuite, on rencontre des troubles psychologiques, avec une humeur un peu triste, une perte de l’envie de faire des choses. Un manque d’élan vital que les hommes peuvent ressentir comme une perte de performance au travail notamment.

Se présentent également une diminution de la force et de la masse musculaire. Mais aussi la capacité des muscles à récupérer après un effort physique. Donc, des hommes qui deviennent moins performants sur le plan athlétique et mettent plus de temps à récupérer après chaque effort.

On peut noter aussi une perte de la densité osseuse et une diminution de la qualité de la peau.

Au niveau de la perte de la masse musculaire, on observe un relâchement, notamment de la sangle abdominale. Mais un déficit en androgènes peut induire un syndrome qu’on appelle syndrome métabolique. C’est une augmentation de la masse graisseuse avec un gonflement du périmètre abdominal et un déséquilibre du taux de glycémie qui va grimper. C’est la résistance à l’insuline.

Sans qu’il y ait vraiment de diabète, même si l’alimentation est toujours la même, on aura des taux de glycémie plus importants mais aussi une hausse des triglycérides et du cholestérol. Sans compter un surrisque cardio-vasculaire. C’est-à-dire que le manque de testostérone va induire un surrisque de voir un événement cardio-vasculaire survenir, que ce soit une attaque cérébrale ou un infarctus.

Les hommes ont aussi une perte de pilosité. Des poils qui deviennent plus fins, clairsemés et qu’on retrouve ailleurs : oreilles, nez etc…

Et pour finir, le sommeil peut être de moins bonne qualité.

Mais encore une fois, ces symptômes ne sont pas obligatoires.

Si on ne décèle pas ces symptômes, on ne pourra jamais se douter qu’il s’agit de l’andropause ?

Une minorité d’hommes est au courant. Souvent, ce sont les personnes qui voyagent et qui font attention à elles.

Pour les hommes qui attendent que leur médecin leur dise que c’est cela, pour la plupart, ils ne l’entendront jamais !

Il y a donc urgence à parler de tout ça ! Certains vivent très mal ces symptômes sans savoir ce qui se passe dans leur corps. Comme ils n’ont pas de réponse, ils subissent une perte de la qualité de vie, de confiance en eux et ils se sentent diminués. Et on peut vraiment l’éviter. Il y a des solutions.

L’andropause est un vrai tabou !

C’est un peu comme chez la femme… Y a-t-il un moment comme la préménopause ?

Cela arrive progressivement et les choses s’éteignent un peu mais il n’existe pas de comparaison avec la préménopause.

Il y a moins d’envie de faire des choses, d’avoir des rapports, moins de force et moins envie de faire du sport.

Certains hommes se demandent ce qui se passe et pourquoi ils ne sont plus les mêmes depuis quelques années. Ils vont chercher à être pris en charge et pour certains, ça se fait tellement progressivement qu’ils ne se rendent compte de rien. Ils passent du statut d’homme au statut de papy avec une perte de la masse musculaire et de la densité osseuse. Ce qui veut dire une perte de taille, ce sont les gens qui se tassent.

Comparez le vieillissement des américains et des français connus il y a quelques années, la grosse différence ce n’est pas le soleil de la Californie ! C’est parce que là-bas, ils sont pris en charge.

Quelles sont les solutions justement ?

Il y a des médicaments qui permettent de supplémenter le déficit en testostérone qui sont des hormones. On peut l’injecter par voie intramusculaire, pour certains tous les 15 jours et pour d’autres tous les 3 mois.

Ca peut aussi être un traitement par voie percutanée, c’est-à-dire en gel qui passe à travers la peau. Les hormones passent à travers les cellules graisseuses qui sont dans la peau.

Il existe aussi des gélules mais on a un peu de mal à s’approvisionner en France, elles sont souvent en rupture de stock. Pour une raison simple, c’est que la France, avec l’Assurance Maladie, achète les médicaments très peu chers sur le marché international, donc on est souvent les derniers servis. C’est pareil pour toutes les spécialités.

L’autre type de traitement, c’est la mise en place d’un traitement qui va relancer la fonction testiculaire pour fabriquer la testostérone.

Donc soit il y a la testostérone, soit un médicament qui va donner l’instruction aux testicules de fabriquer plus de testostérones. Ces médicaments sont utilisés en dehors de la raison pour laquelle ils sont mis sur le marché. Ce sont des médicaments qu’on donne normalement aux femmes qui ont des difficultés à ovuler. C’est la même hormone qui fait ovuler la femme (la LH) que l’hormone qui transmet l’information du cerveau aux testicules pour dire aux testicules de fabriquer de la testostérone.

Ce médicament, s’il est détourné de son autorisation de mise sur le marché, qui est normalement fait pour l’infertilité chez la femme, peut être utilisé chez l’homme pour traiter les déficits en testostérone.

Pour que ce dernier traitement fonctionne, les testicules doivent encore fonctionner.

Est-ce que ces traitements sont dangereux ?

Ils ne le sont pas mais doivent être prescrits avec précaution. Si on reste dans les limites de ce que l’on peut faire, il n’y a pas de danger.

Si nous donnons ces traitements-là pour récupérer un taux normal de testostérone, et non pas le doper, les risques associés à ce traitement sont les risques que vivraient un homme de cet âge-là, s’il avait une testostérone normale.

Ce sont des risques de voir un cancer de la prostate croître, se développer s’il n’était pas pris en charge. C’est surtout ça la crainte des médecins qui pourraient prescrire ces traitements, les généralistes notamment. Ils disent aux hommes que la testostérone est dangereuse.

Or, ce n’est pas dangereux puisque c’est ce qui, en circulant dans les vaisseaux, fait qu’ils sont des hommes.

En revanche, avoir un déficit du taux de testostérone, c’est périlleux puisqu’on a dit qu’il y avait un surrisque cardio-vasculaire. Donc une possibilité de faire un infarctus, un événement vasculaire.

Le traitement de supplémentation n’est dangereux que si on l’utilise pour faire du dopage, si on n’en a pas besoin et que l’on veut faire de la musculation par exemple ! Là, on aura une surdose en testostérone qui produit des risques d’atrophie testiculaire qui peuvent aboutir à des cancers, comme certains cyclistes connus.

S’il s’agit uniquement de donner ce traitement à des gens qui en ont besoin, là il n’y a pas de danger.

Dans les autres dangers, quand on est en surdose, ce sont les risques de cancers testiculaires, les risques de troubles de l’humeur, avec des hommes qui deviennent très agressifs. C’est ce qu’on appelle la rage des stéroïdes. Pour cela, il faut vraiment prendre des doses vraiment importantes. Il ne s’agit pas du petit papy qui va voir son médecin qui le met sous testostérone et qui finit par devenir dingue.

Et le surrisque de cancer de la prostate ?

Alors, donner de la testostérone à un homme ne lui donne pas de cancer de la prostate. Parce que cet homme a déjà de la testostérone en lui, sinon il ne serait pas un homme. Donc ce n’est pas ce qui déclenche le cancer, alors que c’est ce que beaucoup d’hommes ont en tête.

En revanche, quand on a un cancer de la prostate, et pour la plupart ils sont androgéno-dépendants, ça peut faire accroître le cancer rapidement, pendant une très courte période, parce que les récepteurs à la testostérone qui sont sur les cellules de cancer de prostate, sont très rapidement saturés pour de très petites doses de testostérone.

Donc même pour un homme qui a un déficit en testostérone, en général ces récepteurs sont déjà saturés. Ce n’est pas en donnant de la testostérone en plus que le cancer va grossir plus.

Néanmoins, il n’est pas recommandé de donner de la testostérone à un homme qui a un cancer de la prostate avéré et qui n’en a pas été encore guéri.

On peut en donner à un homme qui a eu un cancer de prostate et qui a été traité avec succès, qui n’a plus de cancer. C’est déjà un énorme obstacle ! La plupart des généralistes disent qu’il ne faut pas en prendre après un cancer de prostate, que c’est fini, qu’ils ne donneront pas de testostérone. En fait, c’est faux !

Ca reviendrait à dire au même homme qu’il a eu un cancer de la prostate, qu’on le laisse en état d’hypoandrogénie ou encore, qu’on va lui donner un traitement qui va lui faire baisser la testostérone.

Or, on ne donne ces traitements qu’aux hommes qui ont des cancers de la prostate avec des métastases. A vie, ils auront un traitement qui va bloquer leur testostérone pour que leurs métastases ne grossissent pas.

A travers les publications et les recommandations européennes d’urologie, on est en droit de donner de la testostérone à un homme qui a eu un cancer, s’il a été traité bien sûr.

On suit les hommes à qui on donne de la testostérone en leur faisant doser le PSA (le PSA est la prise de sang qui dépiste le cancer de prostate), pendant tout leur traitement, pour être sûr qu’ils ne sont pas en train de développer un cancer.

Mais ce n’est pas parce qu’on a peur que le traitement donne le cancer. C’est parce qu’on sait que s’il y a un cancer qu’on ne connaît pas et qu’on donne le traitement, au début, le cancer va grossir plus vite. 

Pour aller plus loin, comme ces hommes sont surveillés, on se rendra compte plus tôt s’ils ont un problème.

Faut-il venir consulter un andrologue à 50 ans ?

Contrairement aux femmes, les hommes sont sous-informés de leur état de santé sexuelle, des possibilités de traitement, de ce qu’on peut faire en prévention.

Ils n’envisagent de voir quelqu’un que quand ils sont malades. Ils ne rencontrent pas de médecin pour faire de la prévention. Ca devrait être leur généraliste mais il se trouve que les généralistes et leurs patients, pour la plupart, évitent ces questions parce qu’il y a une proximité avec leur médecin. On n’a pas forcément envie de se confier sur ses problèmes d’érection et de couple à notre médecin de famille.

Les hommes sont très peu atteints par les messages de prévention et de dépistage. Lorsqu’ils discutent entre eux, tout va très bien, ils n’ont aucun problème d’érection ou d’envie. Tout le monde va bien à la machine à café !

Alors que les femmes entre elles parlent de tout. On sait qu’une femme sur 10 va faire un cancer du sein, comme pour les hommes avec le cancer de la prostate sauf que les femmes se racontent ce qui se passe.

Si elles ont des problèmes, soient elles en parlent à leur gynécologue, soit à leurs copines. Si elles doivent se faire enlever un sein, elles savent déjà quelle copine a vécu cela et qui s’est fait refaire le sein et où.

Chez les hommes, ça ne se dit pas. Quand on leur enlève la prostate ou quand ils n’ont plus d’érection, ont des fuites d’urine après la prostatectomie par exemple, ces hommes restent avec ce problème. Et c’est pareil pour les problèmes de testostérone. C’est très tabou !

Ce que recommande l’association française d’urologie, c’est de voir au moins un urologue à la cinquantaine pour s’assurer qu’il n’y ait pas de cancer de la prostate. C’est un cancer fréquent qui ne peut être dépisté que par un urologue. Au départ, ça ne donne pas de symptôme. Et c’est le moment idéal pour parler des autres problèmes s’il y en a ou au moins de faire un point. On n’a pas forcément la sensation de manquer de testostérone. Si on corrige le tir à 50 ans, c’est plus simple qu’à 60 ans où on aura perdu 10 ans de sa vie en étant raplapla.

Y a-t-il toujours une solution en cas de trouble de l’érection ?

Oui, toujours. Il faut en parler dès qu’il y a un souci. A Paris, on en parle, en province, c’est moins évident.

Les problèmes d’érection sont-ils courants ?

Oui, le pourcentage d’homme ayant des problèmes d’érection, importants ou modérés, est le même chiffre que la décennie. C’est-à-dire 40 % des quarantenaires, 50 % des cinquantenaires, etc… C’est donc très fréquent.

Et pour la plupart, ça se traite très facilement avec des médicaments, avec un rééquilibrage de la testostérone si c’est ça le problème, et aussi avec des conseils hygiéno-diététiques, de reprise d’activité physique.

Ca se passe comment aux Etats-Unis ?

C’est l’excès inverse. On essaie de comprendre pourquoi il y a une telle dépense des assurances privées. Ce sont ces assurances qui paient les médicaments aux Etats-Unis. Si les hommes dépensent beaucoup en testostérone, c’est tout simplement parce que plus personne ne veut vieillir.

On peut comparer Sean Connery à Louis de Funès. Il y en a un qui prend de la testostérone et l’autre non. On a d’un côté un papy qui se tasse et de l’autre côté, un homme qui, jusqu’à la veille de sa mort a encore un corps d’athlète.

Voyez les californiens qui font leur jogging à Malibu à 70 ans, eux, sont sous testostérone. Il n’y a pas de secret.

Mais ça fait partie d’un tout, ce n’est pas que la testostérone. C’est aussi l’activité physique et évidemment intellectuelle pour les conséquences plus tardives de l’andropause.

L’activité sociale aussi est importante et il faut faire attention à ce que l’on mange.

Aux Etats-Unis, ils consomment beaucoup de compléments alimentaires et sont arrivés à considérer la testostérone comme un complément alimentaire. C’est naturel pour eux.

C’est donc l’excès inverse chez eux. Les gens sont plus informés et veulent bien vieillir, rester en forme, être plus attirants sexuellement…

Quel type d’examen doivent faire les hommes ?

Des analyses de sang, tout simplement. A faire à l’approche de la cinquantaine.

Mais ces symptômes peuvent survenir aussi à la quarantaine, il suffit de consulter dans ce cas.

Pour conclure…

Votre public féminin est beaucoup plus informé, cultivé sur ces problèmes. Les hommes ne savent pas comment ils fonctionnent. On part de très loin.

Les hommes pensent qu’ils éjaculent le contenu de leurs testicules, par exemple. Ils ont la sensation d’avoir les testicules gonflés parce qu’ils n’ont pas éjaculé depuis longtemps. C’est faux, c’est dans leur tête.

Les spermatozoïdes sortent du testicule millimètre par millimètre. Ca prend 3 mois pour un spermatozoïde d’arriver du testicule jusqu’à la sortie.

Il faut encourager les hommes à en savoir plus sur leur fonctionnement et à rencontrer un médecin qui s’occupe de cette problématique. Le plus souvent un andrologue, pour qu’il puisse répondre à toutes leurs questions et mettre en place un dépistage des maladies évitables si ce n’est pas encore fait.

https://www.konenki.fr/les-preliminaires-pour-nous-les-femmes-faites-passer-a-votre-partenaire/

https://www.american-hospital.org/trouver-un-medecin/sebastien-beley https://www.youtube.com/channel/UCctU6JYr4iV9vThqL3DuRlg